Claude Capillon
Maire de Rosny-sous-Bois, 1er Vice-Président de Grand Paris Grand Est
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Lancement du CLDD


 Première réunion hier soir du Conseil Local de développement durable. Ce fut une belle réunion avec des personnes sélectionnées pour leur sensibilité à ces questions et des Rosnéens tirés au sort.

Vous trouverez ci-dessous mon discours inaugural même si à l'occasion, je l'ai un peu remanié:

 

 

"Mesdames,

Messieurs,

 

Je tiens tout d’abord à vous remercier d’avoir donné un peu de votre temps, pris sur votre vie familiale, pour participer à nos travaux et je remercie tout particulièrement les rosnéens « tirés au sort », c’est une première, qui ont adhéré au projet. Je suis heureux d’être présent parmi vous ce soir, à une étape cruciale de l’application de notre Agenda 21, tout juste labélisé par l’Etat pour trois ans. Grâce à cette instance, j’ai souhaité vous donner directement la parole.

 

J’ai parfaitement conscience de l’implication que nécessitent de telles instances, des difficultés de disponibilité pour nombre d’entre vous. Je sais aussi combien votre présence traduit votre engagement pour la commune, votre attachement à y vivre dans les meilleures conditions mais je suis convaincu qu’ensemble on améliorera le quotidien pour vivre encore mieux à Rosny-sous-Bois.

 

Nous sommes réunis ce soir pour installer une nouvelle instance participative chargée de réfléchir, à notre échelle, autour des questions liées au développement durable.

 

Une réunion de plus, une « usine à gaz », pensent peut-être certains.

 

Eh bien non !

 

Avec ce CLDD, nous voulons, au contraire, sortir des chemins balisés de la concertation, avec ses « certitudes », ses codes, ses rythmes. Nous voulons une vraie instance d’échange et de débats, ouverte, dont personne ne se sente exclu.

 

Nous entendons avec cette instance renouveler les formes de nos temps de concertation, en posant un certain nombre de règles au préalable : un bref propos liminaire, le cabinet Auxilia nous accompagnera sur le projet et ses représentants animeront vos réunions, des règles du « jeu » que nous définirons ensemble, un format horaire de ces réunions qui sera plus ramassé, un déroulement plus convivial, un procès-verbal de séance adressé aux participants.

 

Je précise d’ores et déjà que c’est Claude Chiabrando qui présidera cette assemblée en sa qualité d’adjoint aux espaces publics et au développement durable, j’en serai pour ma part président d’honneur.

 

Ces innovations formelles ne manqueront pas d’influer positivement sur le contenu de nos échanges.

 

J’ajoute, avant qu’on ne rentre plus avant dans le détail de notre réunion, qu’elle s’inscrit dans une démarche participative plus large, un mode de gouvernance local auquel je suis attaché. S’il y a bien un reproche qu’on ne peut pas me faire, c’est celui de rester dans ma tour d’ivoire et d’ignorer les avis des Rosnéens. Au contraire, je suis très attaché au contact et prêt à défendre mes choix car, si je suis élu, c’est pour faire des choix.

Alors, je souhaite éviter tout malentendu entre nous. Ce conseil du développement durable, n’a pas vocation à devenir un conseil municipal bis. En revanche, sur tous les sujets qui touchent le développement durable, nous vous consulterons et prendrons en compte vos remarques et vos idées pour faire, ne pas faire ou améliorer un projet.

 

Je crois qu’il est important de laisser les Rosnéens s’exprimer tant qu’une minorité ne bloque pas l’élan général et vous découvrirez, peut-être, dans cette même instance, comme il est parfois compliqué de s’entendre.

 

Dans la gamme des processus que nous mettons en œuvre ici, je veux en citer quelques-uns qui contribuent à la démocratie locale :

- le soutien financier et/ou logistique aux secteurs associatif, culturel et sportif de la part de notre commune ;

- le développement de l’information et de la communication (vecteur de citoyenneté !) par le biais du site Internet, de blogs, d’enquêtes, de réunions d’information ou de concertation comme celles-ci… ;

- la mise en œuvre de « temps de question », comme lors de mon « tchat », ou lors des réunions publiques qu’on organise régulièrement sur différents sujets ;

- les différents conseils de quartiers (Boissière, Pré-Gentil, Marnaudes-Bois-Perrier). Ils constituent des instances d’avis pour l’exécutif mais permettent également de dynamiser la cohésion et le lien social.

 

Le projet de ville, l’agenda 21 municipal ont pour ambition de définir une stratégie de développement durable sur le long terme. C’est de cette dimension dont nous parlons aujourd’hui.

 

La participation des citoyens, que vous êtes, est une composante essentielle de la définition des objectifs stratégiques de ces outils, de leur évaluation, de leur évolution et de leur pérennité.

« Il ne sert à rien à l’homme de gagner la lune s’il en vient à perdre la terre », écrivait joliment François Mauriac, imaginant peut-être avant l’heure le concept de développement durable.

 

« Si le XXème siècle fut celui de la prise de conscience des enjeux du développement durable le XXIème sera celui du changement de comportement vis-à-vis de notre environnement au sens large, c'est-à-dire pas uniquement au sens écologique du terme. La gouvernance, c’est tout l’objet de cette nouvelle instance, tend à se référer à la démocratie et à l’efficacité de la gestion et se caractérise par la participation de tous les acteurs de la société civile aux processus de décision : la participation doit alors prendre le pas sur le simple échange d’informations, le Développement Durable étant envisagé comme un moyen de rénover la relation entre décideurs, administrations et citoyens, un moyen de consolider la démocratie. »

 

Selon un rapport de l’ONU, la moitié de la population mondiale vit actuellement dans les villes et cette proportion passera à 60 % en 2030. La ville figure au premier rang des acteurs du développement durable.

 

Les collectivités locales ont un rôle majeur à jouer dans la promotion de la haute qualité environnementale, par exemple :

- en tant que maîtres d’ouvrages potentiels pour la construction et la rénovation de bâtiments publics ; et Rosny-sous-Bois joue son rôle puisque nous lançons avec l’IRDEIP une filière des métiers de l’eco-construction ;

- en sensibilisant les professionnels et les usagers aux enjeux économiques et environnementaux.

 

Si je rappelle ces deux points, c’est pour souligner combien nombre d’enjeux se situent à notre échelle, puisque nous devons donner l’exemple dans nos villes de bonnes pratiques partagées.

 

Avec cette instance participative que nous créons de manière volontariste, nous mettons en conformité nos actes et nos paroles pour passer, avec vous, à la moulinette citoyenne l’ensemble des actions qui peuvent contribuer à un développement durable. L’action municipale fut d’ailleurs récompensée par le Territoria d’or 2012 en matière de civisme pour le projet « Laissons pousser » qui consistait d’une part à favoriser la biodiversité dans la ville et d’autre part à sanctuariser certains lieux publics en plantant des graines sauvages.

 

De cette manière, nous donnerons corps de manière concrète à un concept dont les contours sont parfois encore flous.

 

Ensemble, au sein du conseil local du développement durable, nous pourrons évaluer les actions conduites par les différents acteurs, au premier rang desquels la ville, définir de nouvelles actions, se donner des objectifs à atteindre.

 

Parce que je connais votre engagement pour la commune, votre « disponibilité » pour les questions sociétales, je vous propose de travailler ensemble dans ce nouvel organisme, qui ne sera pas une « usine à gaz » (ce ne serait ni malin ni durable !), mais un lieu de coproduction d’actions conçues par, avec et pour vous.

 

Lors de la présentation de l’agenda 21 communal, j’avais dit que ce n’était pas un document figé inscrit dans le marbre de la République et amené à prendre la poussière une fois voté. Bien au contraire, je maintiens qu’il s’agit d’un document évolutif que nous serons amenés à réviser régulièrement et à adapter aux enjeux du moment car il s’agit d’un document pragmatique et ambitieux avec des mesures réalisables à court, moyen et long terme. En effet, nous aurions pu nous contenter d’un catalogue de mesures irréalistes. Ce n’est pas ma philosophie, ce ne serait pas l’attitude d’élus responsables. Et l’unes des premières taches que le conseil local du développement durable devra accomplir, c’est un audit de ce qui a été réalisé.

 

Je vous propose après ce propos introductif un peu long de rentrer concrètement dans le vif du sujet de cette première séance, en se présentant puis en fixant ensemble nos règles de fonctionnement interne . "

 

 

Publié le 23/11/2012

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