Claude Capillon
Maire de Rosny-sous-Bois, 1er Vice-Président de Grand Paris Grand Est
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Discours du 11 novembre 2018


1918-2018, un siècle d’histoire, le temps d’une vie sépare ces deux dates.

Chaque année,  le onzième jour du onzième mois à la onzième heure nous commémorons cette date où, après quatre années d’une guerre terrible, l’Europe a retrouvé la paix.

 

Pourquoi cet épisode tragique et héroïque de notre histoire a-t-il tant marqué l’inconscient collectif ?

C’est sûrement parce que 14-18 a été la première guerre à impliquer autant de nations sur une partie aussi importante du globe. C’est aussi parce qu’on n’avait jamais atteint une telle aberration dans l’acharnement guerrier. Pendant près de trois ans, deux armées vont se toiser dans des tranchées boueuses, à quelques dizaines de mètres de distance. Mais quel aveuglement a pu entraîner une telle monstruosité guerrière, pour ce qui devait être, - on nous le promettait -, la « Der des Der » ?

 

Une spirale infernale a voulu que, tous les trente ans, à chaque génération, deux ennemis, la France et l’Allemagne, fassent aboutir leurs antagonismes politiques dans ce qu’on appelle « la solution » des armes, comme si la mort et la destruction étaient des solutions. Il nous a cependant fallu ces tragédies pour prendre conscience que l’Europe, elle aussi, pouvait être une nation.

 

Victor Hugo disait déjà au milieu du XIXe siècle qu’une guerre entre Européens était une guerre civile : il a pourtant fallu la mort de millions d’hommes pour que nos dirigeants écoutent enfin le poète. Et d’ailleurs, j’en profite pour vous rappeler que nous allons voter dès l’année prochaine pour renouveler nos représentants et donner un signal fort sur notre ambition commune.

 

La première guerre mondiale, c’est une histoire pas si ancienne que nous avons tous entendue davantage par la voix d’un grand-père qui l’a vécue que par le commentaire d’un historien qui l’a étudiée.

C’est une histoire ravivée par le récit d’un héros familial, par nos monuments aux Morts ou, par le nom presque banal d’une rue Foch, Joffre ou Gallieni. C’est enfin la valeur évocatrice très forte de noms géographiques comme la Marne, la Somme, l’Aisne ou Verdun.

 

Aujourd’hui, les acteurs de ce drame sont décédés, nous avons rapatriés à Rosny-sous-Bois la dépouille du sergent Senet, mort pour la France et dont la dépouille a été retrouvée il y a quatre ans. Pourtant le souvenir de cette guerre inhumaine est encore fort. Elle a couté la vie à des millions de morts dans des conditions affreuses.

 

Ces hommes qui ont lutté avec tant d’acharnement, nous les connaissons tous. Ils sont souvent de notre famille.

Ne poussons jamais l’ingratitude jusqu’à les effacer de notre souvenir !

N’oublions pas que la paix d’aujourd’hui s’est construite sur les affrontements du passé !

N’oublions pas que l’Europe s’est construite pour garantir la paix !

 

 

Nous savons tous, ici, que la mémoire nationale et l’histoire populaire commune sont le ciment des nations. C’est pourquoi ces commémorations sont indispensables pour rappeler aux plus jeunes que les frontières ne sont pas un don de la nature, mais qu’au contraire elles ont souvent été dessinées sur nos cartes par le sang que nos aïeux ont versé pour les défendre.

 

Solidarité, héroïsme, sacrifice, voici trois mots qui auraient pu être inventés pendant ces heures tragiques.

 

Rosny-sous-Bois a payé son tribut à la Grande Guerre : notre commune a perdu beaucoup de ses fils, dont le nom figure sur le monument aux Morts.

 

Ces noms inscrits dans la pierre, gravons-les aussi dans notre cœur et transmettons les, afin que nos enfants sachent tous, en ce jour d’automne, pourquoi ils n’ont pas école et pourquoi, au milieu des feuilles qui tombent, tant de drapeaux tricolores s’élèvent.

 

Vive l'Europe,

Vive la République,

Vive la France !

Publié le 12/11/2018

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