Claude Capillon
Maire de Rosny-sous-Bois, 1er Vice-Président de Grand Paris Grand Est
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Discours - commémoration de la Libération de Rosny


Il y a 74 ans, notre commune était libérée après des années de violence, de terreur, de totalitarisme.

                                    

Il aura fallu beaucoup de force et d’espoir pour restaurer la démocratie locale à Rosny-sous-Bois. C’est un grand mouvement historique qui a permis à notre ville de se libérer dans le cadre de la bataille de France.

 

Le 6 juin 1944, le débarquement allié ouvre la voie tant espérée. Ici, beaucoup de Rosnéens écoutent, sur la TSF, la voix de la France libérée qui se fait entendre pour la première fois le 20 août 1944.

La Libération est à portée de main. Au-delà des soldats, c’est grâce à l’engagement des résistants et des civils que le soulèvement revêt un caractère national, irrésistible. Le peuple participe à sa propre libération.

 

Les Rosnéens ne sont pas en reste. La résistance s'organise sous les ordres de "Barfouin" qui dirige le réseau "Libé Nord". Mais les ripostes allemandes sont impitoyables.

Le 19 août, un groupe de secouristes échappe à la mort en se réfugiant dans l'Eglise. Mais le lendemain 5 jeunes sont arrêtés et fusillés dans le square Gardebled :

-     André ferbach 19 ans

-     Pierre Petitville 16 ans

-     Raymond Catenacci 18 ans

-     Maurice Ravarotto 20 ans

-     Albert Collinet 20 ans

Les Rosnéens sont solidaires, ils se soulèvent contre l’atrocité. Le soir même, le drapeau français est hissé à la mairie.

 

Le 27 aout 1944, c’est la liesse populaire dans les rues de Rosny. Les habitants vivent des heures exaltantes et célèbrent l'arrivée des troupes américaines.

Le Général de Gaulle déclare à cette époque : « Pourquoi voulez-vous que nous dissimulions l’émotion qui nous étreint tous, hommes et femmes, qui sommes ici chez nous (…) debout pour se libérer (…) Non ! Nous ne dissimulerons pas cette émotion profonde et sacrée. Il y a des minutes qui dépassent chacune de nos propres vies. »

En effet, ce moment tant attendu est enfin arrivé, cette soif de liberté est enfin assouvie, la vie et la démocratie l’ont enfin emporté sur la mort et la dictature.

 

Cette page de notre Histoire et les perspectives qu’elle a ouvertes n’auraient pas été possibles sans l’action de tous les combattants, en particulier ceux d'entre eux qui ont participé, il y a 70 ans, à la libération de notre ville.

Où qu'ils se trouvent, militaires ou combattants de l’ombre, qu'ils en soient remerciés. S’ils ne sont plus des nôtres, que leur mémoire soit honorée.

Je tiens ici à rendre une nouvelle fois hommage aux associations d’anciens combattants, de résistants et de déportés pour leur dévouement. Ils font un travail de mémoire indispensable.

 

En libérant notre ville de l’oppression, après des années de souffrances, les combattants de Rosny-sous-Bois et de ses environs ont rendu à nos compatriotes le premier de leur droit : celui de la liberté, fondement de notre démocratie.

 

Ce devoir de mémoire dépasse cette cérémonie annuelle. Le but n’est pas de se souvenir pour le principe de se souvenir, mais bien de mesurer la portée de cet événement sur nos vies.

Pourrions-nous aujourd’hui librement circuler, travailler, nous exprimer si nos aînés ne s’étaient pas battus pour la liberté ?

Je pense en particulier aux plus jeunes d’entre nous parce qu’ils n’ont généralement qu’une brève connaissance de ces événements. La plupart des combattants avaient votre âge, et un grand nombre d’entre eux ont payé de leur vie pour que vous puissiez profiter aujourd’hui des libertés fondamentales.

 

Du sang a coulé, des enfants sont devenus orphelins, des familles ont vu leurs proches partir pour ne plus jamais revenir, des femmes et des hommes ont été blessés pour retrouver la liberté, leur liberté, notre liberté, la première des valeurs républicaines qui s’affichent sur le fronton de notre mairie.

 

C’est à nous tous maintenant d’être les gardiens de notre liberté ainsi que de la paix dont nous jouissons. Une paix consolidée par la communauté européenne du charbon et de l’acier puis garantie par son évolution.

A quelques mois des élections européennes, alors que le nationalisme prend le pas sur la solidarité, n’oublions pas tout ce que l’Union européenne nous a apporté, tout ce qu’elle nous permet aujourd’hui, et tout ce qu’elle peut nous offrir demain.

 

Aujourd’hui, le souvenir de la Libération est intact parce qu’il s’est transmis de génération en génération.

Ce devoir de transmission, je suis fier de le partager avec vous. D’entretenir la mémoire de ceux qui se sont sacrifiés pour la France avec une fidélité et une ardeur jamais démentie. Ainsi, nous n’oublierons jamais ce que nous devons aux héros de la France libre.

 

Au nom du conseil municipal, au nom de notre ville et de tous les Rosnéens, je leur exprime, en cet instant, notre émotion, notre reconnaissance et notre respect.

 

Merci.

Publié le 02/09/2018

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