Claude Capillon
Maire de Rosny-sous-Bois, 1er Vice-Président de Grand Paris Grand Est
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Nicolas Hulot abandonne : coup dur pour l’environnement


« Je ne veux plus me mentir (…) donc je prends la décision de quitter le gouvernement ». Cette déclaration amère, pleine de désillusions, est celle de Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique, qui a annoncé sa démission ce matin au micro de France Inter.
Figure de proue du développement durable et de la protection de l’environnement, Nicolas Hulot a cru à la promesse de « Révolution » formulée par Emmanuel Macron. Il a jugé crédible le slogan « Make our planet great again » du président de la République qui voulait s’affirmer leader de la lutte contre le réchauffement climatique. Il a eu foi dans les discours volontaristes prononcés par le chef de l’Etat. Patient et optimiste, voire même un peu naïf, Nicolas Hulot a avalé de nombreuses couleuvres en tant que ministre De trop nombreuses couleuvres. Ce matin, il s’est libéré.
« Je ne comprends pas qu’il renonce alors qu’on a eu une première année avec beaucoup d’accomplissements qui sont à mettre à son crédit. Il n’a pas gagné tous ses arbitrages mais c’est le lot des ministres » a réagi peu de temps après Benjamin Griveaux sur BFM.
Ces paroles relèvent au mieux de la mauvaise foi du porte-parole du gouvernement, au pire d’un aveuglement quant au péril environnemental qui nous guette. Car la formulation « il n’a pas gagné tous ses arbitrages » laisse entendre que Nicolas Hulot en a tout de même gagné un grand nombre.
Or, il est ici bienvenu de rappeler que le bilan du ministre Hulot au sein du gouvernement est, soit, marqué par quelques avancées (abandon de l’aéroport Notre-Dame-des-Landes, objectif de fin de vente de véhicules essence ou diesel fixé à 20140, extension de la prime à la casse), mais surtout par de très nombreuses concessions : dérogations à l’interdiction du glyphosate en 2021, report de l’objectif de réduction du nucléaire, faiblesse des promesses des états généraux de l’alimentation, refus de l’étiquetage alimentaire, division par deux du prix du permis de chasse, aucune réduction de l’usage des pesticides ou d’émission de gaz à effet de serre…
 
A l’échelle locale, depuis le sommet de la Terre qui s’est déroulé à Rio de Janeiro en 1999, les collectivités locales ont des obligations en matière de développement durable. Depuis que je suis maire, j’ai mené de nombreuses actions en ce sens : participation à la COP 21, rénovation des façades bioclimatiques de l’école Jean-Mermoz, installation d’une centrale géothermique, construction du groupe scolaire Les Boutours cité en exemple au niveau européen, création de l’écoquartier Coteaux Beauclair, adoption d’un PLU équilibré et protecteur, valorisation des 120 hectares d’espaces verts communaux, aménagement du parc nature du plateau d’Avron…
Oui, je suis un maire de droite qui engage de grands chantiers pour améliorer la santé de notre plaète. Je le fais car le respect de notre environnement n’est pas l’apanage d’une étiquette politique. Le respect de notre environnement est une nécessité. Il faut trouver des solutions pour préserver l’intérêt général.
Il faut donc une politique volontariste et innovante à l’échelle de la France. Car les quelques petites avancées gouvernementales concédées par le gouvernement depuis 2017 ne sont pas suffisantes.
Pour mémoire, depuis le 1er août, jour du dépassement, nous vivons à crédit. Cela doit nous faire réfléchir, mais surtout agir. Bien évidemment, l’évolution des pensées et des comportements ne se fera pas instantanément. Cependant, le départ de Nicolas Hulot, figure emblématique, est une triste nouvelle.

Publié le 28/08/2018

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