Claude Capillon
Maire de Rosny-sous-Bois, 1er Vice-Président de Grand Paris Grand Est
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A 1200€, les retraités ne sont pas riches


 

En tant que citoyen français et Maire de Rosny-sous-Bois, je suis persuadé qu’il ne faut pas craindre les réformes lorsqu’elles sont nécessaires à l’évolution de notre pays. Ces mesures peuvent s’avérer impopulaires, mais elles doivent être soutenues si elles permettent à la société d’avancer.

Ce n’est pas le cas de la hausse de la CSG (+1,7%), entrée en vigueur le 1er janvier 2018 et qui touche les retraités percevant une pension mensuelle de plus de 1200€, à savoir neuf millions d’entre eux (60% des retraités français).

Je comprends la logique de cette réforme : augmenter le pouvoir d’achat des salariés en baissant leurs cotisations sociales tout en rattrapant cette perte avec la hausse de la CSG. Mais cette stratégie est dangereuse pour la cohésion nationale.

Augmenter le pouvoir d’achat des actifs en faisant payer d’avantage les seniors qui ont travaillé toute leur vie afin de toucher une pension (souvent modique) qui leur permet de profiter de leur retraite résulte d’un raisonnement pernicieux qui renvoie dos à dos actifs et retraités, jeunes et seniors, ceux qui travaillent et ceux qui ont travaillé.

Je suis inquiet quant à l’évolution des conditions de vie de nos seniors. Inquiet car il s’agit d’une partie de la population souvent mise à contribution pour redresser les finances publiques : suppression de la demi-part des veufs/veuves, décalage de la revalorisation des retraites, et maintenant la perte de 245€ par an pour les retraités qui perçoivent 1 200€ de pension.

Considérez-vous, monsieur le président, qu’à partir de 1 200€, après avoir travaillé plus de la moitié de leur vie, nos retraités vivent dans l’abondance ? Si c’est ce que vous pensez, je vous assure que ce n’est pas le cas.

 

Les communes : souffre-douleur de l’Etat

Mais, à moyen terme, ce seront les communes qui subiront les décisions aussi injustes que brutales de l’Etat. C’est en tout cas ce que laissent présager les discours successifs du président de la République et de son Premier ministre qui, interpellés au sujet de la hausse de la CSG, répondent promptement qu’elle sera compensée par la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages.

Décidée sans concertation et en méconnaissant la réalité du terrain, ce choix gouvernemental sera nuisible à l’ensemble des Français qui verront des services municipaux fermer petit à petit.

Certains membres du gouvernement ont évoqué une « compensation financière » pour les communes. Mais la réalité est que, pour le moment, nous ne savons rien, nous ne sommes sûrs de rien.

Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir afin de défendre l’échelon communal, celui qui valorise la connaissance du terrain, le dialogue individualisé et la proximité avec les habitants.

Publié le 21/03/2018

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