Claude Capillon
Maire de Rosny-sous-Bois, 1er Vice-Président de Grand Paris Grand Est
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Pensée émue pour Jean D’Ormesson, monument culturel français


Jean d’Ormesson était cet homme brillant qui maniait parfaitement l’art de l’autodérision. Cet homme élégant et sage, qui savait se montrer subversif et provocateur. Ce monument de la culture française dont la plume pouvait se révéler douce, acide, blessante ou immensément réconfortante, tellement vivante que ses mots s’adressaient directement à nous. En bref, Jean d’Ormesson représente une sorte d’idéal à la française. Un être complet et complexe, dont les nombreux récits autobiographiques ne peuvent recouvrir l’intégralité de sa personnalité hors du commun. C’est ce qu’illustre l’annonce de sa fille Héloïse : « il a toujours dit qu’il partirait sans avoir tout dit, et c’est aujourd’hui ».

Jean d’Ormesson est parti cette nuit, à l’âge de 92 ans. 92 ans, c’est beaucoup, et en même temps si peu par rapport à tout ce que cet Immortel a réussi en une vie : philosophe, journaliste, entré à l’Académie française dès 1973, directeur du Figaro de 1974 à 1977, auteur d’une quarantaine de romans, qui s’est même découvert une vocation d’acteur à l’âge de 87 ans.

Toutes ces expériences et son amour pour la vie en ont fait un idéal d’érudition que certaines œuvres telles que « Histoire du juif errant » ou « La gloire de l’empire » mettent en valeur.

Un savoir encyclopédique qui brisait le carcan d’une vision caricaturale des choses, l’écrivain n’hésitant pas à saisir sa plume directe, incisive et limpide pour défendre ses opinions. Ainsi, Jean d’Ormesson se considérait comme « un homme de droite qui a beaucoup d’idées de gauche ». Soutien officiel de Nicolas Sarkozy en 2012, il fut également la personnalité avec laquelle François Mitterrand a souhaité passer les derniers instants avant la passation de pouvoir en 1995. Certains le disaient conservateur, faisant fi de ses prises de position pour l’égalité, le progrès, sa lutte contre 350 ans de non mixité à l’Académie française, en défendant la candidature de Marguerite Yourcenar. 

De Jean d’Ormesson, même à son âge le plus avancé, je garderai le souvenir d’un homme séducteur au regard malicieux, pétillant, facétieux, qui faisait ressortir l’enfant en lui. Le souvenir d’un grand homme qui a toujours su rester léger, et garder son sens de l’humour.

Il disait : « Les honneurs, je les méprise mais je ne déteste pas forcément ce que je méprise ». Sa pudeur et sa modestie seront sauves car je crois bien qu’il mérite tous les honneurs qui ne manqueront pas de lui être rendus.

Le départ de Jean d’Ormesson est une grande perte pour la France, qui le remercie pour tout le bonheur qu’il a pu nous transmettre à travers ses œuvres.

Publié le 07/12/2017

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