Claude Capillon
Maire de Rosny-sous-Bois, 1er Vice-Président de Grand Paris Grand Est
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Les élus mobilisés contre la suppression des machines à voter


L’Assemblée Générale de l’Association des Villes pour le Vote Electronique (AVVE), qui s’est tenue le 21 novembre au cours du Salon des Maires de France, a recueilli une très forte mobilisation contre la feuille de route du Ministère de l’Intérieur visant la suppression des machines à voter.
 
Les participants présents, représentant plus de 200 communes utilisatrices ou dans l’attente de la suppression du moratoire institué en 2008, ont à l’unanimité fait part de leur incompréhension face au texte du Ministère dont le but est d’adapter les « modalités du vote aux évolutions sociales et technologiques ».
 
L'irruption d’une polémique portant sur l'utilisation de dispositifs de vote électronique est toujours une surprise, alors même qu’il n y a aucune contestation sincère et sérieuse, hormis quelques parlementaires en quête de visibilité médiatique.
 
Les machines à voter utilisées par les communes françaises relèvent de l’électronique, non du numérique, et ne visent qu’à faciliter le processus de vote et de dépouillement.
 
La machine est paramétrée mécaniquement sous contrôle des représentants de tous les candidats, puis scellée, présente des choix, candidats, listes… Elle est totalement « étanche », sans contact ni lien aucun avec les autres machines ou avec le bureau centralisateur ; pas de wifi, bluetooth, ni réseau internet.
 
Le jour du vote, l’électeur fait son choix en appuyant sur un bouton, et doit le valider. La démarche est proposée aussi en audio (pour les malvoyants), et totalement accessible pour les Personnes à Mobilité Réduite qui peuvent ainsi voter en toute autonomie.
La vérification des identités des électeurs et les registres d’émargements sont tenus par un Président et des accesseurs ; le secret du vote est totalement préservé. Les résultats ne sont accessibles qu’une fois le bureau de vote fermé.
 
Nous sommes donc très proches d’une procédure de vote traditionnelle, avec plusieurs avantages majeurs :
- la simplification : de la mise en place des machines du vote jusqu’au dépouillement. Au XXIème siècle, alors que nous sommes tous encouragés à la dématérialisation, tout retour en arrière serait une régression incompréhensible,
- la sécurité : l’urne est une caisse enregistreuse, elle garantit une fiabilité optimale du comptage des voix,
- l’efficacité : tant par la proclamation officielle des résultats dans des délais inférieurs à 10 minutes, que par leur fiabilité,
- le coût: l’investissement de départ est amorti en quelques scrutins grâce à l’économie de temps de présence des agents communaux (dimanche et heures supplémentaires), due à la rapidité de l’installation, du dépouillement et du démontage des machines,
- l’impact environnemental : symbolisé par le bulletin papier qui ne peut plus se justifier pour nos électeurs.
 
La feuille de route du Ministre ne plaide pas à « rendre l’exercice du droit de vote plus simple et plus accessible », ni à sécuriser les scrutins électoraux, ni à diminuer les couts. La France que les élus veulent dessiner avec « un compte citoyen en ligne », avec des « produits ergonomiques et à faible coût », ne peut être la France du retour aux bulletins papiers !
 
En outre, le projet de vote par internet figurant dans la feuille de route du Ministère, ne manquerait pas d’interpeller sur ses critères de sincérité et de fiabilité.
 
La suppression des machines à voter est un contre-sens historique, une erreur d’appréciation d’un dispositif qui a fait ses preuves et remporte depuis plus de 10 ans une adhésion totale de ses utilisateurs. Il n’est pas informatique, pas digital, pas numérique. Les machines ne sont qu’une transposition électromécanique du processus classique, tout aussi étanches que les urnes traditionnelles – Nous sommes à des années-lumière des projets visant à utiliser internet comme mode de scrutin, loin d’être fiable et donc opérationnel.

Publié le 24/11/2017

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