Claude Capillon
Maire de Rosny-sous-Bois, 1er Vice-Président de Grand Paris Grand Est
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Emmanuel Macron : cette éolienne qui nous pollue


Une chose est certaine : si le vent faisait tourner aussi vite les pales d’une éolienne que les sondages d’opinion impactent le « projet » d’Emmanuel Macron, nous pourrions abandonner immédiatement l’énergie nucléaire !

Tentant de séduire à la fois François Bayrou, Daniel Cohn-Bendit, Jean-Louis Borloo, François de Rugy, Gérard Collomb, Nathalie Kosciusko Morizet… la bouée de sauvetage des opportunistes de tous bords risque bien de finir sur le radeau de la méduse !

Pour cette tentative de séduction, rien de tel que des phrases aussi floues que : « il faut remettre l’industrie au cœur de notre économie, et l’homme au cœur de l’industrie ! ». Ajoutez à cela des déclarations chocs comme : « la colonisation (…) est un crime contre l’humanité »… qui a été suivi par une repentance aussi rapide que pitoyable : « (…) parce que je veux être président, je vous ai compris et je vous aime ».

Cette potion hallucinatoire faite de slogans vides et de petites phrases sans cohérence serait admirée à sa juste valeur si l’on ne relevait pas l’ensemble des contradictions de cet ancien ministre de l’économie de François Hollande, qui s’est muté en virulent pourfendeur du même président. Ainsi, dans un article paru sur liberation.fr, intitulé « vous êtes plutôt Macron de gauche ou Macron de droite ? », des journalistes ont fait une liste (non exhaustive) des crises de schizophrénie aigue du candidat à la présidentielle :

-          « Il est vain de pénaliser systématiquement la consommation de cannabis » (24 novembre 2016, dans son livre Révolution) // « Je ne crois pas à la dépénalisation des «petites doses» » (17 février 2017, dans le Figaro)

-          « Il n’est pas bon d’avoir 75% d’électricité d’origine nucléaire » (9 février 2017, au WWF) // « Le nucléaire est un choix français et un choix d’avenir » (28 juin 2016, à la World Nuclear Exhibition)

-          « Une des erreurs fondamentales de ce quinquennat a été d’ignorer une partie du pays qui a de bonnes raisons de vivre dans le ressentiment et les passions tristes. C’est ce qui s’est passé avec le mariage pour tous, où on a humilié cette France-là » (16 février 2017, dans l’Obs) // « Le fait que la PMA ne soit pas ouverte aux couples de femmes et aux femmes seules est une discrimination intolérable » (16 février 2017, dans Causette)

-          « La colonisation fait partie de l’histoire française. C’est un crime, un crime contre l’humanité, c’est une vraie barbarie et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face » (14 février 2017, en Algérie) // « Oui, en Algérie, il y a eu la torture, mais aussi l’émergence d’un Etat, de richesses, de classes moyennes, c’est la réalité de la colonisation » (23 novembre 2016, dans le Point)

-          « L’honnêteté m’oblige à vous dire que je ne suis pas socialiste » (19 décembre 2016, au Puy du Fou) // « Je suis socialiste » (4 décembre 2014, au Sommet de l’économie)

Alors à quoi sont dûs tous ces revirements ? A une idéologie bancale ? A une adaptation de sa philosophie politique par rapport à ses interlocuteurs ? A une envie de se montrer ambigu afin de rallier le plus de monde à sa candidature ?

Qu’Emmanuel Macron n’ait pas d’opinion tranchée sur un certain nombre de sujets est une chose. En revanche, le fait qu’il semble se dédire à chacune de ses interventions en est une autre.

A force de vouloir parler à tout le monde, Emmanuel Macron risque de  n’être écouté par personne. Si un président ne tranche sur aucun sujet, tous les problèmes des Français resteront entiers.

Cette situation inconfortable et ces ruses me rappellent la fable de Jean de la Fontaine « Le Corbeau et le Renard ». Sauf qu’en lieu et place d’un fromage, l’objet de la convoitise (que le Renard obtient par la flatterie de l’égo de son interlocuteur) n’est autre que la fonction de président de la République française.

Publié le 03/03/2017

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