Claude Capillon
Maire de Rosny-sous-Bois, 1er Vice-Président de Grand Paris Grand Est
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François Hollande: Echec et mat


François Hollande, après des semaines, voire des mois, de psychodrame, a annoncé hier soir renoncer à briguer un second mandat présidentiel. Une première historique pour un président sous la Ve République. Une décision qui apparait comme sage, l’une des rares fulgurances de lucidité politique d’un homme qui aura semblé plus observer et commenter son quinquennat que le mener.

Son adresse aux Français a été, je trouve, assez dérangeante à regarder. Cette vision d’un homme lâché de tous, désavoué par tous, mêmes ses plus fidèles soutiens historiques, avouer publiquement son échec, sa faiblesse, et de facto l’impossibilité d’incarner en 2017 le projet de la gauche, a quelque chose de troublant, de pathétique.

Cette allocution, un peu pitoyable, est le point d’orgue d’un quinquennat en déliquescence. Engoncé comme à son habitude dans une veste trop étroite, mal taillée, aux manches trop longues, il a manifesté l’envie d’en finir avec cette charge trop lourde pour lui. Comme une mise en abîme d’un costume et d’un rôle pas faits pour lui. Une erreur de casting comme l’histoire politique de notre pays en a rarement connu.  

François Hollande, ce président auto-proclamé « normal », voulait une incarnation de la présidence en totale rupture de celle qu’a souhaité son prédécesseur Nicolas Sarkozy. Il n’aura finalement jamais pris la mesure de la fonction, l’abaissant dans des abysses jusqu’ici encore inexplorées.

Il laisse derrière lui un pays fatigué de la politique et de tous ceux qui l’incarnent, exsangue financièrement, fragmenté, en colère. Avec des grands sujets mal traités, sources de fractures. Au grand bonheur des partis extrémistes.

Il laisse aussi derrière lui une gauche en décomposition totale. Une gauche divisée, en crise identitaire, perdue.

A la litanie des promesses électorales de François Hollande, ont succédé cinq années d’atermoiements, de tâtonnements, de réaction maladroite aux évènements plutôt que la mise en place d’un fil conducteur pertinent. Nulle concertation, mais au contraire le recours au 49-3 pour faire passer les lois Macron et El Khomri. Point d’avancées sociales réelles, seulement des débats terriblement clivant sur la déchéance de nationalité ou le mariage pour tous.

Nous vivons une époque d’une extrême violence. François Hollande aura dans ce contexte montré qu’il n’est pas un homme d’Etat, seulement d’appareil, et nous en payons aujourd’hui le prix.

Lors de son allocution télévisée hier soir, François Hollande, avant de jeter l’éponge, a tenu à défendre un bilan qu’il juge très satisfaisant, ne regrettant de ces cinq années que le débat autour de la déchéance de nationalité et de n’avoir pas su fédérer autour de sa personne.

S’il n’a pas « imprimé » auprès des français, il ne le doit qu’à son absence d’autorité et de cohérence politique, en des temps troublés qui auraient nécessité une plus grande clairvoyance pour répondre aux défis auxquels nous sommes confrontés.

Manuel Valls, qui aura montré une loyauté (in)certaine envers son président jusqu’à très récemment, assume de porter le bilan de ce quinquennat, durant lequel il a été ministre de l’Intérieur puis Premier ministre, devant les Français.

Un défi fou et insurmontable a priori, tant on retient les échecs plutôt que les réussites. L’exaspération est palpable, profonde. Les Français attendent un programme clair, qui propose de vraies réponses réalistes à leurs problèmes et surtout des leaders exemplaires. Ce qui exclut d’office bon nombre de candidats.

A nous Français de faire le bon choix !

Publié le 02/12/2016

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