Claude Capillon
Maire de Rosny-sous-Bois, 1er Vice-Président de Grand Paris Grand Est
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2e tour de la primaire: projet contre projet


Projet contre projet. Du fond sans fard. Des idées, rien que des idées. Voilà ce que j’appelais de mes vœux dans mon précédent billet de  blog, à l’issue du premier tour de la primaire de la droite et du centre, pour ce duel François Fillon-Alain Juppé. Une volonté partagée par tous les français d’ailleurs, qui dès le lundi de cette semaine ont porté un intérêt encore plus poussé aux programmes des deux candidats.

Cet examen approfondi a valu des attaques et des polémiques pas toujours très nobles sur les positions sociétales et économiques de François Fillon, ou sur l’islamisme supposé d’Alain Juppé,  des estocades déloyales qui faisaient craindre un climat dur et pesant pour le dernier débat qui s’est tenu hier soir.

Les échanges ont été respectueux et constructifs. Je me félicite de la dignité avec laquelle les protagonistes ont discuté de leurs convergences nombreuses, de leurs différences aussi, mais surtout de leur projet pour la France qui a besoin de changements nets après un quinquennat désastreux mené par François Hollande et la gauche.

Projet contre projet donc, et les interrogations sont plus nombreuses de mon point de vue sur celui de François Fillon, que j’estime moins abouti et réaliste que celui d’Alain Juppé.

Trois grands points de réformes me paraissent trop inadaptés à la société, à notre culture ainsi qu’aux réels besoins de notre économie.

Le premier est la volonté de l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy de supprimer 500 000 postes de fonctionnaires. Une mesure brutale et irréaliste. A moins de souhaiter enterrer définitivement le travail de proximité indispensable au service des français, de créer encore plus de distance entre le pouvoir et les administrés, il est impossible d’atteindre ce chiffre.

La proximité, voilà ce qui a été perdu ces dernières décennies, favorisant ainsi la défiance envers les élus et permettant la montée des extrêmes au niveau historique qui est le leur aujourd’hui.

Il faut reconstruire du lien, avec plus de forces de Police, plus d’enseignants, plus de personnel médical dans les hôpitaux publics. Il faut permettre aux services de renseignement une meilleure capacité d’analyse de l’information, et il faut former, recruter pour cela.

François Fillon est très flou en ce qui concerne les modalités de cette baisse de 500 000 fonctionnaires. Quels seront les services les plus touchés, les emplois les moins nécessaires ? Quelle durée de temps de travail ? Il serait inacceptable de demander aux fonctionnaires de travailler 39 heures et de n’en payer que 37 heures.

En tant que Maire, je sais l’absence de moyens, la nécessité impérieuse de faire plus avec moins.  Pourtant, si 500 000 postes de fonctionnaires venaient à disparaitre, ce seront encore les Maires, les élus de proximité, qui seront mis devant le fait accompli et seront alors dans l’incapacité de faire correctement leur travail et d’assurer un service public de qualité à leurs usagers.

François Fillon a déclaré « ne pas accepter que l’on dise que cette mesure est impossible ». Au vu des chiffres annoncés et de la méthodologie envisagée pour l’appliquer, il est pourtant lucide d’affirmer que cette mesure est irréalisable.

Le second point de désaccord est la hausse de 2% de la TVA. Sous le quinquennat de François Hollande, la hausse de la fiscalité a fait perdre aux classes moyennes une partie significative de leur pouvoir d’achat. Si cette mesure devait être adoptée, elle ne leur permettrait pas de souffler financièrement. Au contraire, cela ferait baisser davantage leur niveau de vie. De même, cela impactera les classes les moins aisées de notre société, qui sont de plus en plus nombreuses et en souffrance. Ce serait une profonde injustice sociale, alors que notre famille politique doit redonner confiance et du pouvoir d’achat aux français, à tous les français.

Enfin, je ne suis pas convaincu par le non-remboursement de certains médicaments. La sécurité sociale ne peut se concentrer sur les affections graves et de longue durée. Et d’ailleurs, comment déterminer quelles maladies, quels médicaments. Le système social français, si inadapté aux réalités des années 2010, ne peut être changé si drastiquement, si brutalement. La brutalité là encore, comme pour les fonctionnaires, définit bien la ligne de gouvernance qu’exercerait François Fillon. Les Français méritent de conserver une protection plus élargie, comme le propose Alain Juppé.

Le dernier point que je souhaite aborder n’est pas inscrit dans un programme mais reflète la vision que l’un et l’autre se font de notre société. François Fillon ne souhaite pas d’une France multiculturelle quand Alain Juppé estime au contraire que notre diversité est un chance. La Seine-Saint-Denis, qui a d’ailleurs été le seul département avec la Gironde à porter Juppé en tête au premier tour de la primaire, est un territoire multiculturel. Le multiculturalisme français existe de fait, il est donc illogique de le nier ou de le refuser. Il faut au contraire l’accompagner, ce que propose le Maire de Bordeaux.

Alain Juppé me parait donc plus raisonnable, raisonné et précis dans ses intentions. Le Maire garant d’une droite humaniste que je suis se retrouve plus dans la refonte profonde mais en douceur de notre système, qui en a définitivement besoin (et que les français appellent de leurs vœux), que de sa destruction en bonne et due forme qui nous plongerait dans de terribles difficultés à court terme sans garantie de résultats positifs à plus long terme.

Mon choix s’est porté sur Alain Juppé, et ce débat me conforte dans sa capacité à être un chef d’Etat digne, avec de la prestance et une vraie force de caractère, qui saura rehausser la fonction de Président de la République. Une main de fer dans un gant de velours, une stature nationale et internationale, il est pour moi l’homme de la situation.

Pour autant, je l’ai déjà affirmé et je le réaffirme, je soutiendrai sans mesure le candidat que les électeurs de la droite et du centre choisiront ce dimanche. Pour toutes les interrogations programmatiques que suscite la candidature de François Fillon, il reste une certitude absolue : il est d’une rigueur et d’une éthique politiques irréprochables, de celles dont la fonction présidentielle a besoin.

Que le meilleur gagne !

Publié le 25/11/2016

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