Claude Capillon
Maire de Rosny-sous-Bois, 1er Vice-Président de Grand Paris Grand Est
www.claudecapillon.fr

  • Articles 2017 / 2018
  • Un président ne doit pas faire ça

Article précédent
Viry-Châtillon : Il est aujourd’hui nécessair...

Article suivant
Le Centre aquanautique Camille Muffat ouvre ses po...

Un président ne doit pas faire ça


En France, le président n’a plus d’idée, sauf peut-être de réussir à passer pour le sauveur…

A 6 mois du premier tour des élections présidentielles, François Hollande nous fait découvrir une nouvelle façon de porter un énième coup à la fonction qu’il occupera jusqu’en avril. Un livre d’interviews exclusives vient récemment de sortir dans lequel on découvre sa pensée depuis le début du mandat : rien de valorisant là-dedans.

Alors que le taux de pauvreté ne cesse de croître, que le chômage explose, que le risque d’attentats sur le sol hexagonal est plus que jamais d’actualité, que le déficit public pour 2015 s’établit à -77,4 milliards d’euros (soit 3,5% du PIB), qu’apprend-on dans ce livre confession ?

Que le président de la République, qui représente l’Etat, le respect de la constitution, le chef des armées, a passé toute une partie de son mandat à caqueter avec deux journalistes du Monde !

Après avoir rabaissé la fonction présidentielle à celle de Don Juan à scooter lors du fameux épisode de la rue du cirque, avoir atteint des sommets d’impopularité jamais envisagés et dégradé de manière significative l’image de la France au niveau international, le capitaine seul à bord de son pédalo élyséen n’en finit plus de nous surprendre.

Loin d’être l’homme du consensus, respectueux de ses adversaires, nous y découvrons un politicien froid, calculateur, hautain, envers ses alliés de l’époque (EELV qu’il qualifie de « cyniques et emmerdeurs »),  ses adversaires politiques (les députés récalcitrants constituent une « foule idiote », Nicolas Sarkozy : « On a eu Napoléon le petit, eh bien là, ce serait de Gaulle le petit »), mais également de la sphère publique elle-même (les Français sont dédaigneusement traités de « Sans-dents », les footballers français : «des gars des cités, sans références, sans valeurs, partis trop tôt de la France »).

Quelle idée pour un président français de confondre deux journalistes avec des psychologues ! Dans le livre, François Hollande déclare : « j’aimerais que l’on dise de moi, puisque c’est la vérité, que j’ai été courageux ». Mais ce souhait ne reflète pas la réalité. Il s’agit d’un fantasme. François Hollande à la tête de l’Elysée, c’est la croissance de la précarité, des tensions sociétales, de l’insécurité, du chômage, etc. Il ne faut pas confondre courage et témérité dit le proverbe ; en l’occurrence je pense plutôt à de l’inconscience.

D’ailleurs, les auteurs de ce livre assènent sentencieusement : « Un triple déficit de préparation, d’autorité et d’incarnation a conduit à un affaiblissement sans précédent de la fonction de président de la République » (p. 82). 

En 1747, le poète et dramaturge français Jean-Louis Baptiste Gresset considérait que « le ridicule est fait pour notre amusement ». Mais après cinq ans de burlesque à la tête de l’Etat français, on ne rit plus, on pleure.

Publié le 18/10/2016

Commentaire

Recopiez le code