Claude Capillon
Maire de Rosny-sous-Bois, 1er Vice-Président de Grand Paris Grand Est
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Discours des vœux 2016 de Rosny-sous-Bois


Monsieur le Préfet,

Madame la députée,

Mesdames, Messieurs, les conseillers régionaux, départementaux,

Mesdames, Messieurs les conseillers territoriaux,

Mesdames, Messieurs les maires, chers collègues,

Monsieur le Maire d’Übach-Palenberg, cher Wolfgang

Mesdames, Messieurs, les élus

Mesdames, Messieurs, chers Rosnéens,

 

 

Je vous souhaite la bienvenue dans notre Hôtel de ville et vous remercie d’être venus si nombreux à l’occasion de la traditionnelle cérémonie des vœux de Rosny-sous-Bois. 

Alors que nous sommes toujours en état d’urgence, votre venue ce soir est, pour moi, un acte militant qui prouve votre attachement à notre commune, aux valeurs de la République.

Je vous présente mes meilleurs vœux 2016.

Pour vous, pour vos familles et vos proches.

Vœux de santé, prospérité et des vœux de paix.

 

Et je souhaite particulièrement remercier les services municipaux qui ont organisé cette belle cérémonie en se pliant aux contraintes particulières exigées par cette situation.

 

2015 est terminée, vive 2016, qui sera, je l’espère pour nous tous, une année plus pacifique et plus apaisée. Comme je l’évoquais à l’instant, nous sommes encore sous le coup de mesures exceptionnelles de sécurité après une année 2015 qui s’est terminée comme elle avait commencé : dans le sang et dans les larmes. En cet instant, j’ai bien-sûr une pensée émue pour toutes les victimes de la barbarie à qui de nombreux hommages ont été rendus mais aussi leurs proches.

 

2015 aura donc été l’année de tous les extrêmes, de toutes les tensions, de toutes les dérives, parsemée de ces instants où tout peut basculer.

En matière électorale également, l’année passée fut intense, puisque nous l’avons commencée et terminée par deux élections. Deux scrutins qui ont démontré combien les électeurs rejettent massivement la politique conduite par François Hollande.

Quant à la percée du Front National, les scores les plus élevés à travers les régions, correspondent aux territoires les plus frappés par le chômage de masse. Partout où le chômage s’enracine, le Front National prospère.

En 2012, je me rappelle de celui qui avait fait de la baisse du chômage, le principal marqueur de sa politique. Et bien dans les faits, c’est la montée du Front National qui aura marqué l’échec terrible de son quinquennat.

Sur le terrain de l’emploi, François Hollande a échoué.

 

 

Sur les cendres de la lutte contre le chômage, et les braises des annonces en matière de sécurité, le FN fait son lit d’une désespérance qui gagne peu à peu tout le pays et toutes les couches de la société Française.

 

Mais 2016, c’est aussi et avant tout pour nous, Rosnéens, une année de projets municipaux et territoriaux.

 

Après avoir mené à bien la concertation du Plan Local d’Urbanisme juste avant de transférer la compétence à la Métropole du Grand Paris et au territoire récemment investit de ses pouvoirs, il nous reste encore beaucoup à faire.

 

Tout d’abord, nous devons construire notre intercommunalité avec les 14 villes qui composent  Grand Paris Grand Est.

 

Ensuite, nous devons poursuivre les projets déjà lancés sur la commune :

 

·       L’ancien centre nautique fait peau neuve.

 A l’automne2016, vous disposerez d’un nouveau centre aqua-ludique, totalement repensé, à la hauteur des besoins d’une ville de plus de 40 000 habitants.

·       Nous poursuivons aussi la construction du nouveau quartier Danièle Casanova qui porte sur un programme de 115 logements.

·       Les travaux de la géothermie et du prolongement de la ligne 11 du métro se poursuivront durant toute l’année.

 

J’ai aussi souhaité mettre l’éducation au cœur des priorités du mandat  avec notamment:

 

·       La création d’une nouvelle école à très haute exigence environnementale sur le quartier des Boutours avec l’objectif ambitieux de l’ouvrir pour la rentrée 2017.

 

·       A plus long terme nous prévoyons la création d’un groupe scolaire sur la future ZAC Coteaux Beauclair.

·       D’ailleurs en 2016, nous créerons 2 nouvelles ZAC au alentours de la rue du 4eme Zouaves et du secteur Grand Pré.

 

·       J’ai aussi décidé de réserver chaque année les crédits  permettant, non seulement de doter en mobilier et équipement divers les écoles, de faire face aux ouvertures de nouvelles classes, mais également d’assurer l’entretien de notre patrimoine scolaire, à commencer, en 2016 par les écoles maternelles Etienne Dolet, Kergomard et l’élémentaire Eugénie Cotton, dont le préau sera entièrement rénové.

 

·       2016 verra la livraison du nouveau gymnase Felix Eboué, entièrement rénové.

 

Enfin, nous avancerons aussi sur les projets structurants de notre programme :

 

·       Nous poursuivrons notre action pour la réalisation du parc du plateau d’Avron, sur le site classé

« Natura 2000 ».

 

·       Comme promis, j’ai souhaité mettre en place un

 « plan lumière » qui vise à moderniser notre réseau d’éclairage public et à accroître sa performance énergétique pour garantir un éclairage de meilleure qualité, éco-responsable.  

 

·       Afin d’améliorer la qualité de distribution électrique par un réseau rénové, protégé des intempéries et enfin d’embellir considérablement notre cadre de vie. Nous lancerons un programme d’enfouissement des réseaux aériens qui permettra de sécuriser les 23 km de réseaux électriques existants.

 

·       Pour décongestionner le centre-ville, obtenir un meilleur partage de la voirie nous travaillerons sur un « plan de stationnement » qui sera réalisé à compter de cette année.

 

·       Enfin, l’équipe municipale s’attachera à dynamiser les marchés forains de la ville avec notamment le déplacement du marché des Boutours sur le parking Jean Jaurès et le renouvellement de la délégation concernant les marchés.

 

Pour mener à bien tous ces projets qui engendrent certaines nuisances pendant la période des travaux, je vous demande patience et compréhension, car une fois cette période de désagrément passée, c’est notre qualité de vie à tous qui sera améliorée.

 

Voilà pour le quotidien.

 

Mais durant l’année à venir, je formule le vœu qui me semble essentiel, de nous interroger en toute sérénité sur ce qui fait qu’on se reconnait Français et ce que cela implique.

 

Il me semble essentiel que nous nous interrogions sur les valeurs de la République et le sens que nous voulons leur donner.

 

Liberté, Egalité, Fraternité

 

-      Liberté d’avoir ses propres opinions, de se déplacer, de s’habiller, de vivre en paix dans le respect des lois. Ce n’est pas un blanc sein mais une licence.

 

-      Egalité entre tous les citoyens, qui fait qu’on ne doit pas privilégier une telle ou un tel mais aussi qu’on ne doit pas condamner a priori tel ou tel autre. Je crois pour ma part que l’égalité en droit offerte par la République n’affranchit pas du travail et des efforts personnel, pas plus que l’égalité n’est posée pour dévaloriser le mérite. Bien au contraire ! Car on a trop souvent tendance, à confondre « égalité » et « assistanat ». Je suis de ceux qui pensent que l’on pourrait redonner toutes ses lettres de noblesse à « l’égalité » si dans le même temps, l’assistanat n’était pas devenu un sport national.

 

-      Fraternité aussi, car c’est la valeur primordiale et pourtant la plus ignorée. La fraternité est, me semble-t-il le ciment national, le garant de l’unité face à la barbarie. A nous de la cultiver, de la chérir et surtout de l’appliquer.

 

Il y a une autre valeur qu’on ne doit pas oublier. Je l’avais déjà fait l’an dernier mais il me semble absolument nécessaire d’y revenir.

Cette valeur : c’est la laïcité.

 

En tant que maire et avec vos élus, nous ne sommes pas des acteurs de l’anti-terrorisme au sens plein, nous sommes des auxiliaires, des maillons de la chaîne. Mais j’ai l’intime conviction que nous avons une part importante à prendre dans la coopération pleine et complète avec tous les services de sécurité de l’Etat.

D’ailleurs, je souhaite les remercier ce soir. Remercier ceux qui assurent, au péril de leur vie, notre sécurité et nous viennent en aide. Ceux qui se reconnaitront lorsqu’on parle des forces de l’Ordre. Plusieurs représentants des différents corps sont là ce soir. Veuillez Mesdames et Messieurs leur offrir l’acclamation qu’ils méritent !

 

 

Pour autant, je n’oublie pas non plus que nous sommes des élus de proximité. Ma responsabilité aujourd’hui, c’est d’avoir le courage de dire les choses, avoir le courage de poser les questions, de mettre les débats sur la table, sans passion, sans volonté de polémiquer mais avec équilibre, rigueur, et surtout, en me gardant bien de sombrer dans le politiquement correct.

 

Donc, je vous pose la question : va-t-on longtemps encore accepter qu’un problème non-dit n’existe pas ?

 

En ce qui me concerne, le sens de mes responsabilité est de nommer les choses, même lorsqu’elles sont difficiles.

Alors j’ai décidé ce soir, en ma qualité de maire de Rosny-Sous-Bois, conscient de ma responsabilité et de mes devoirs, de vous dire les choses, sans détour.

 

L’intégrisme, le fanatisme, le djihadisme qui mènent à la barbarie, ne sont pas le fruit de l’immigration. Ceux qui ont commis ces actes ou s’apprêtent à en commettre d’autres, sont nés en France. Ils sont Français, depuis plusieurs générations même. Ils ont des cartes d’identité, des passeports français.

 

Il ne faut évidemment pas tomber dans l’amalgame entre une religion et les intégristes qui la composent. Mais ayons le courage de commencer par reconnaître que c’est la société française qui a produit ces terroristes français, qui  nous ont attaqués sur le sol français. Ce n’est pas l’immigration clandestine qui a frappé.

On a raté quelque chose…

 

Nous sommes en guerre contre un ennemi terrible. Car ma conviction profonde, au risque de vous choquer, ce ne sont pas uniquement le chômage ou la désespérance qui enfantent les terroristes en puissance.

 

Alors cessons de tenter de trouver de fausses excuses et regardons les choses en face.

 

Ceux qui tombent dans le terrorisme sont en réalité de petits malfrats ou font partie du grand banditisme. La religion, devient alors une forme de couverture bien pratique pour justifier l’injustifiable. Et voici comment au nom d’un dieu on assassine, on viole, on commet des casses, des braquages, des trafics en tout genre.

 

Voilà à qui nous avons à faire.

 

Et pour nous désarmer complètement face à la menace, ceux qui tentent de rappeler les règles de laïcité, pire, de les faire appliquer, se font traiter de raciste.

 

Moi je vous le dis ce soir avec beaucoup de solennité, j’entends faire respecter à la lettre, sans aucune dérive ni entaille, les règles de laïcité dans l’intérêt supérieur de la République.

 

Je veux qu’on puisse dans notre pays croire ou ne pas croire, suivre ou ne pas suivre les préceptes de telle ou telle religion.

Mais j’exige aussi qu’il soit possible dans notre pays de liberté d’expression de critiquer toute religion, sans immédiatement être cloué au pilori.

 

La laïcité, c’est la promesse faite à chaque citoyen que la République lui confère des droits et des devoirs identiques, que l’on soit chrétien, juif, musulman, agnostique, athée.

La laïcité, c’est aussi – et peut-être même surtout – la garantie de la liberté d’expression, tant qu’elle s’inscrit dans le cadre de la Loi.

 

Notre principal salut réside dans la défense de la laïcité, sans aucun compromis, ni renoncement.

 

Les lois de la République sont vertueuses parce qu’elles s’imposent à tous. Les lois ou règlements d’exception font du mal à la liberté.

 

La laïcité, elle, offre à chacun sa liberté de conscience, à la condition exclusive qu’elle reste dans la sphère privée. Car dans la vie publique et collective, le prosélytisme, pas plus que le fait religieux, n’a sa place.

 

L’école, les gymnases, les cantines, les piscines, l’hôpital, bref, l’ensemble des services publics n’ont pas à s’adapter aux obligations religieuses. Car il s’agit du bien commun, de l’argent public. J’y suis catégoriquement opposé par principe.

 

Nous devons être beaucoup plus fermes sur l’affirmation des principes de la laïcité, et surtout, sur leur respect absolu, seul rempart aux intégrismes.

 

En tant que maire, j’entends mettre en application ces principes.

 

J’entends porter ce débat sur la voie publique. C’est pourquoi, j’organiserai d’ici l’été un colloque sur cette question.

 

Je le redis à l’adresse de tout le monde, de toutes les cultures, de toutes les croyances, de toutes les religions.  La France vous garantit toute votre place et toute votre liberté de conscience. Mais dans notre pays, rien ni personne n’est au-dessus des lois et des valeurs de la République, qui doivent être respectées et appliquées.

 

Ceux qui faiblissent fragilisent la République. Ceux qui justifient les dérives communautaires ou les encouragent sont des ennemis de la République.

 

 

Vive la République !

Vive la France !

Vive Rosny-sous-Bois !

 

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Publié le 14/01/2016

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